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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 06:25

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Le rude gaillard doit être un Allobroge de Lugdunum  car son casque sans cornes et sans ailes est ciselé comme eux seuls savent le faire. Il s'avance vers moi et me tend une corne remplie de cervoise.

-        Vive Vercingétorix, notre chef, clame-t-il d'un ton conquéranthttp://www.marechal-jacques.be/recantiq/images/photo04.jpg

-        Vive Vaginclitorix ! répond, derrière moi, une voix que je reconnais immédiatement: mon jambonneau préféré, sa majesté pachydermique, le seul, l'unique, j'ai nommé Jean Bon le magnifique.

-        Hé, Bedaine, tu vas le fâcher, notre Vercingétorix, si tu l'appelles Vaginclitorix, lui susurre-je en gaulois dans le texte

-         M'en fou, quand on aura mis la pâtée à c'te fiote de César, il me fera chef de ses cuisines, il me l'a promis ! hurle-t-il dans un accès d'interdit.

-        Ha bon ? Et on peut savoir pourquoi ?

-        Il voulait savoir si l'on pouvait obliger les druides récalcitrants à préparer à manger pour la troupe

-        Et ?

-        Ben, j'y ai dis de mettre les druides à l'amende…

Maintenant, je me souviens de la raison pour laquelle, le gros et ma pomme, nous sommes ici : de notre bureau de Montréal, où nous avions terminé la réunion avec le Pacha qui nous avait remis à tous une montre nous permettant de voyager dans le passé, j'ai voulu l'essayer. J'avais souvent cherché à comprendre pourquoi et comment Vercingétorix a été vaincu à Alésia, j'ai donc pris l'oignon du passé dans ma main gauche, je l'ai réglé sur onze heures et j'ai pensé fortement "52 avant Jésus Christ, oppidum d'Alésia"… Juste que je ne me rappelais plus que le gros ferait partie de mes voyages… et c'est ce même gros qui me gueule dans les oreilles actuellement. A cet instant, une voix grave, superbe d'autorité, s'élève.

http://ts4.mm.bing.net/th?id=H.4591041861454111

-        Les Eduens de Chaderix iront se cacher derrière la colline à l'est de la plaine du Picton, ils entreront en bataille lorsque je ferais sonner le cor et ils prendront l'arrière garde de César à revers ! Mais surtout que personne ne bouge avant le signal car toute la stratégie repose sur cette manœuvre : rappelez-vous ! pas avant le son du cor, sinon c'est César qui nous prendra à revers et nous vaincra ! Grace à son autorité naturelle, Vercingétorix ne rencontre aucune objection mais, au contraire, une volée assourdissante d'épées frappées contre les boucliers.

-        Les Allobroges s'occuperont des catapultes volées aux romains à Gergovie; elles seront remplies de poix brulante pour décourager les premières cohortes de César.

-        Vive Vercingétorix, notre chef, hurlent en chœur les guerriers gaulois 

-        Les Leuques et les Séquanes se mettront bien en vue des romains au milieu de la vallée; certains porteront des braies, des sagums et des casques germains pour faire croire à César que ce sont des troupes à lui qui devraient nous trahir pendant la bataille… Ce romain est fort mais nous sommes rusés !

Ce que ne dit pas Vercingétorix, c'est qu'une troupe de germains avait rejoint le camp des Arvernes en affirmant qu'ils voulaient combattre à leur côtés; mais un Arverne qui comprenait leur dialecte, avait surpris une conversation qui disait que ces germains félons avaient, en fait, l'intention de trahir en se retournant contre les gaulois pendant le combat : César leur avait promis le partage du butin pour leur trahison. Ces germains avaient été exécutés et on avait pris leurs armes, casques et boucliers afin d'en vêtir des gaulois et, ainsi, donner le change à César.

-        Vive Vercingétorix, notre chef, s'égosillent les intéressés

-        Mes Arvernes appuierons les Eduens quand les ennemis ferons charger leur cavalerie et lorsque notre troupe commencera à prendre les romains à revers, les cavaliers Catalauni fermeront la seule retraite possible vers le nord de la vallée d'Alésia et ce soir, nous mangerons les cranes de ces romains qui nous envahissent !

-        Vive Vaginclitorix ! Je me tourne et je mets un marron dans le (gros) ventre de mon alcoolique                                                          

-        Ta gueule empaqueté, tu vas nous faire repérer.

-        Allez tous manger avant la bataille, conclut Vercingétorix, c'est le ventre plein qu'on gagne les guerres !

-        Vive Vercingétorix, notre chef ! Le grondement unanime des troupes est couvert par le bruit des boucliers choqués par les épées.

Le repas est pris entre tous ces guerriers qui vont vaincre ou mourir  mais ceux qui meurent en combattant rejoindrons Taranis et Bénélos pour une vie éternelle; donc la bonne humeur est de mise.

Voici quatre fois que mon jambonneau se ressert en chevreuil et dix fois en cervoise. Ensuite, il ne mange plus de chevreuil… mais il continue à ingurgiter de la cervoise : je crains le pire…                                                    http://ptitecrotte.p.t.pic.centerblog.net/lfgnehqi.gif

-        Tous en place pour cette grande bataille, chuchote le bouche à oreille, et faites silence !

-        En place, en place, les romains arrivent… Les chuchotements parcourent les troupes impatientes. Certains guerriers respectueux de la tradition du "dernier combat", se mettent nus, ne portant que casque, bracelets et chausses en peau de bêtes. Mourir aussi nu qu'à la naissance...

Le piège gaulois se referme doucement sur les cohortes romaines et Vercingétorix se prend à espérer: même si une bataille n'est jamais gagnée d'avance, il sait qu'il est supérieur en nombre et que son plan est machiavélique.

Les premiers gaulois dévalent en désordre anarchique le flan ouest, en hurlant des "Toutatis avec nous! " si féroces que les soldats romains ont un moment de flottement; puis les boules de poix brulante les font reculer.http://www.histoire-image.org/photo/fullscreen/sum45_chasseriau_01z.jpg

Les Leuques et les Séquanes déguisés en germains avancent au centre de la plaine et les romains vont à la rencontre de ces soit disant amis déguisés : le centurion qui les commande se dit qu'une fois rejoints ils se retourneront contre le cœur de l'armée gauloise et la victoire sera rapide. Il évitera ainsi la perte de beaucoup de soldats.

Je regarde, émerveillé, les mouvements des armées et je me demande comment Vercingétorix a pu perdre cette bataille aussi bien engagée pour ses troupes. Dans moins de deux heures il va faire sonner le cor et les romains seront pris en tenaille.

Ma montre gousset m'indique qu'il va nous falloir rejoindre l'an 2013 et je cherche l'énorme pour l'avertir du retour vers le futur.

Il est là, titubant, saoul comme un goret qu'il est et je l'attrape par le bras :

-        Hé, gros, nous allons nous éclipser

-        Hein ? guoi ? il a du mal à articuler, gu'est-ze gue du dis ?

-        On rentre à la maison !

Alors là, mesdames et mes cieux, il se passe un truc complètement fou, complètement inimaginable même pour les historiens spécialisés en bataille d'Alésia : mon jambonneau commence à dire adieu à tous ses copains, il serre des paluches, des épaules,  il envoie des bisous et des "bonne chance" à tire l'haricot et, dans un geste de convivialité porcine, il choppe le cor du guetteur et… se met à souffler longuement dedans, ce con !

Surpris les Eduens s'élancent vers les troupes romaines,  et?

Hé bien, arrivés au contact, ils se congratulent, ils s'embrassent, que dis-je, ils se roulent des galoches avec les romains  et se retournent vers leurs ex amis les gaulois pour les défaire, et comme disent les Ligures : "Faire et défaire, c'est toujours guerroyer".

Le combat ne cessa pas très vite parce qu'il y avait un paquet de cons battants et il y eut aussi un paquet de cons battus...

Dans les livres d'histoire on peut voir cette authentique photo du pauvre Vercingétorix remettant ses armes au glorieux César.

http://jean-francois.mangin.pagesperso-orange.fr/romains/images/vercingetorix.jpgMoralité de ce triste épisode : Si la trahison n'existait pas, à quoi serviraient les amis ?

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commentaires

D
Mais encore, ils auraient pu jouer aux dames et là Vaginclitorix aurait pu gagner, car dans le nom que lui donne Jean Bon, il y aurait eu des atouts pour gagner à ce jeu. Mais des traites, il y en<br /> a de tous les temps. Jules César l'apprendra à ses dépends lui aussi, quand son fils Brutus va le poignarder. Tant qu'au jambon préféré d'Alexandre, faudra mettre à l'abri tout alcool, car c'est<br /> par les cervoises qu'il démontre son besoin de tendresse, de bisous, d'amitié. Bravo Marcus.
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A
<br /> <br /> Ho, tu sais, notre Jean Bon est peut-être l'anti thèse du savoir vivre, tout simplement...<br /> <br /> <br /> <br />
L
Décidément, il faut se méfier du son du cor au fond des batailles. Celui de Roland à Ronceveau avait sonné trop tard pour que Charlemagne ait le temps d'arriver à la rescousse, celui que fait<br /> sonner Vercingétorix, enfin Jean Bon avant que Vercingétorix ait le temps de dire ouf! précipite les Gaulois dans la défaite !<br /> Et si, après tout, le cor n'avait pas été sonné plus tôt que prévu par le gaffeur jambonné, peut-être que Vercingétorix aurait pu être averti de la trahison qui se préparait, hum hum, et alors, et<br /> alors, qui sait si la face du monde, enfin de la Gaule n'aurait pas été changée ...
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A
<br /> <br /> Heureusement que César n'avait pas de cor... aux pied !<br /> <br /> <br /> <br />
J
nulle en histoire je vais aller voir la biographie de Vaginclitorix sur Wikipédia, je vais en découvrir de belle et réviser pour passer le bac au lycée Papeillon...<br /> ave César
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A
<br /> <br /> Pas Peillon ?Il va être content de voir qu'il a des supporter notre minisitre des lycées...<br /> <br /> <br /> <br />
J
Par Toutatis moi qui suis fan de la BD Astérix et Obélix... une façon de revivre l'histoire gauloise, ce texte avec son Vaginclitorix est tout aussi joyeux ! Bien amicalement, jill
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A
<br /> <br /> Et puis, ça oblige l'auteur à réviser ses classiques.<br /> <br /> <br /> <br />
L
Passionnant ! Je crois que le Jean Bon n'a fait qu'accélérer les choses, ouf ! donc il n'est pas responsable de la défaite des Gaulois, enfin c'est comme cela que je le sens. La trahison n'est pas<br /> venue de là où Vercingétorix pensait qu'elle viendrait ... Le César Julius était un très très fin stratège de son côté, il avait également manoeuvré en secret avant la bataille. Dommage que cette<br /> bataille ne se soit pas ... jouée aux échecs, juste Vag-heu Vercingétorix et Jules face à face ! Cela n'aurait pas fait de morts du tout, mais tout était comme cela en ces temps-là, la valeur<br /> virile se prouvait au combat et uniquement comme cela.<br /> Pour la moralité, puis-je ajouter : la trahison permet de trier ses amis, mais à quel prix !
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A
<br /> <br /> Ils auraient pû... Mais ni Vercingétorix ni César n'aimaient l'échec. <br /> <br /> <br /> <br />

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  • : Marcus Santner
  • : La fée Lée qui s'est penchée sur mon berceau avait un lumbago carabiné mais elle m'a appris que même n'étant pas le meilleur, on peut sourire du pire.Ainsi, l'humour des mots m'a pris très jeune et ne m'a jamais lâché.Pourvou qué ça doure.
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