Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 14:41

 

Après m'avoir largué comme une amarre à Valence, le TGV m'a bien laissé en carafe et, si j'ai comme des envies de visiter la haute Ardèche, faut que je me démerde par mes moyens plus ou moins propres.

Déjà, le chef de gare à une tronche de cocu, mais ça, c'est du réchauffé et même cézigue doit le savoir vu son air résigné; vous savez, c'est l'air du gars qui sourit quand on ne lui raconte pas de blague.

Me jugeant comme un improbable concurrent, incapable de mettre son couple en danger, il m'indique comment prendre un car jusqu'à Aubenas. La surprise de ce chef là vient du fait qu'il m'annonce que c'est sa régulière qui conduit ledit car que je me dépêche d'attraper et, eut égard aux égards visuels qu'elle me balance dans son rétro, je me dis qu'en Ardèche les départementales valent bien le rail et que le chef de gare a bien raison de rester dans son ignorance.

Je classe son regard langoureux dans mon tiroir perso, catégorie "les passantes", avec une pensée pour tonton Georges qui savait de quoi il causait en la matière et me voici à Aubenas l'ardéchoise dont la spécialité est… l'eau de Vals.

Je vous vois vous fendre la tronche rapport au fait qu'il n'y a que le vin sur paille qui m'émaille et dans une ville d'eau, comment vais-je pouvoir prendre mes cachets ?

Surmontant l'idée de ce désagrément désagréable, je hèle un taxi plein de zèle et me voici en route pour la destination de mon rendez vous que je vous ai planquée jusque ici : la BAD (Banque Ardéchoise de Dépôt) dont le directeur n'est autre qu'un vieux poteau à qui je ne peux rien refuser pour cause de services rendus quand la maigreur de mes vaches me faisait bouffer des navets… à l'eau !

On m'introduit dans son burlingue classe ministre; mon pote Fredo s'accroche à son téléphone : "A l'eau, (ici ils disent "à l'eau" au lieu de "allo") voui madame, je vous rappelle la semaine prochaine"

Il raccroche et aussi sec je lui envoie ma vanne cent vingt huit : "Et rat pelé n'a pas de poil ! "

Devant sa mine interrogatrice, je précise: "Si tu rat pèle, rat pelé n'as pas de poil…" Son regard brèfe le jeu de mots et sa face d'ampoule s'illumine d'un sourire à joindre ses oreilles :

-        Ah ça ! Quel plaisir de te voir mon ami Marcus!

-        Le plaisir est partagé, cher Frédo, mais j'imagine que ce n'est pas uniquement pour me broyer la paluche que tu m'as fait venir dans ton coin qui est, entre nous soit dit, magnifique.

-        Tu ne changes pas, hein ? Droit au but, c'est toujours ta devise

-        Vaut mieux droit au but que droit au rebut… Il se refend d'un sourire canaille

-        L'histoire que j'ai à te raconter souffrira d'être accompagnée d'une collation conséquente

Traduction : je t'affranchirai pendant une bonne bouffe et nous voilà partis vers l'auberge où une table est retenue.

Chemin faisant, nous en croisons un vol…de faisans (je sais : aucun rapport mais qu'il est dur de résister à un  jeu de mots qui passe); j'essaie de lui tirer les verres du nez mais il n'a pas bu et se contente de d'opiner du bonnet sans répondre à mes questions; ce n'est qu'après l'apéro et une succulente terrine de sanglier de gauche (no conservateur), qu'il daigne attaquer :

-        Vois-tu, mon cher Marcus, il m'arrive une histoire incroyable surtout pour un banquier et, qui plus est, aussi méfiant que moi… je me suis fait rouler par un gros malin et le pire c'est que je ne peux rien y faire

-        Sois sympa, lui suggère-je, commence par le début

-        Hé bien voilà : voici un mois, lors de la grande foire de printemps d'Aubenas, j'allais conclure une affaire de crédit avec un riche agriculteur et chez nous, pour ce genre d'acceptation, nous en sommes encore à toper de la main après avoir bu le verre de la confiance.

-        De l'eau de Vals ? ne puis-je m'empêcher d'ironiser

-        Ah non ! Un excellent St Joseph pour une excellente affaire s'exclame mon ami Frédo avant de reprendre son histoire

-        En entrant dans le grand café de la foire, je me fais bousculer par un quidam qui se morfond en excuses et je ne prête guère d'importance à l'incident jusqu'au moment où, étant en train de discuter avec mon client, le bousculeur s'approche, l'air fort mari de l'amant pris en flag

-        Heu... excusez-moi, monsieur, vous n'auriez pas égaré ceci ? m'interroge-t-il en tendant mon portefeuille

-        Je… mais oui, c'est le mien !

-        Il était par terre à l'entrée juste après notre bousculade m'explique alors le rapporteur honnête

-        Moi, tu me connais me lance Frédo, en douce, sans que le gars me voit, je vérifie vite fait le contenu de l'objet rapporté : les cinq mille euros rangés le matin étaient bien là; rien ne manquait

-        Ha ça monsieur, ca fait plaisir de rencontrer des gens honnêtes

-        C'est bien normal,  monsieur, vous auriez fait pareil.

-        Sur ces entrefaites, continue Frédo, nous allons, mon client et moi, manger un morceau dans le coin snack et nous nous asseyons à une table du fond. Et quelques minutes plus tard, devine qui vient s'asseoir dos à dos de ma place ? Sans me laisser le temps de répondre il ajoute : Mais oui, mon rapporteur de portefeuille qui s'attable avec un homme sans faire attention à nous…

-        Y'a pas de quoi fouetter un masochiste, intervins-je en rigolant

-        Non, sauf qu'au fur et à mesure que le déjeuner avance, le ton de sa table monte légèrement puis suffisamment pour que je comprenne ce qui se raconte à côté et la discussion n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd… mon quidam honnête expliquait à son vis-à-vis qu'un propriétaire de bestiaux vendait trois mille euros, si on lui achetait tout de suite, un taureau reproducteur qui en valait le double car il venait d'apprendre que son fils avait eu un accident et il n'avait pas le temps de recharger la bête et de faire le détour pour la ramener chez lui, à soixante kilomètres, alors que l'hôpital se trouvait à l'opposé… Et je n'ai pas cette somme terminait le rapporteur de portefeuille sinon… 

-        Je suppose que ton sang de banquier n'a fait qu'un tour questionnais-je

-        Ha ça, tu l'as dit! Limite, ça sentait le délit d'initié

-        Et ? ne puis-je m'empêcher de presser Frédo

-        Et le gars continue doucement : il demande à son interlocuteur de lui prêter les trois mille euros et s'engage à lui en rembourser trois mille cinq cents dans le mois qui suit. Tu imagines bien que mon cerveau a tout de suite calculé l'intérêt : seize pour cent et soixante six centièmes pour un mois soit deux cents pour cent l'an ! Même Rokefeler n'a jamais pu prêter à un taux pareil !

-        Un taux torride en quelque sorte ironise-je en douce

-        Hein ? Pardon ?

-        Heu... Rien continue

-        Ben, comme l'interpellé n'avait pas cette somme, je me suis tourné et j'ai proposé mes services. Tu penses bien que je jouais velours vu l'honnêteté prouvée de mon ramasseur de portefeuille. Celui-ci m'a refait la même proposition que je me suis dépêché d'accepter et pour sceller le marché, nous avons topé la main mais mon nouvel emprunteur a tenu à me faire un écrit de reconnaissance qui disait : "Je soussigné Albert Martin déclare qu'à partir du 16 juin 2011, je devrais la somme de trois mille cinq cent euros au porteur de ce billet. Fait à… etc."

-        En voilà une bonne affaire ! Je te félicite Frédo mais où est le problème?

-        Le problème, je l'ai compris le jour où j'ai demandé le remboursement de mon prêt à mon emprunteur; il n'a rien voulu savoir, remboursement zéro! Que dalle !

-        Ha bon ? Et pourquoi donc ? M'interdis-je

-        Ce rufian de basse souche m'a ressorti le papier que nous avions signé tous les deux et qui disait qu'il me DEVRAIT la somme à partir du 16 juin

-        Oui??

-        Ben comme il l'a crié à la ronde: "Je suis un homme de parole et si je rembourse cette somme, je ne la devrais plus… Or, je me suis bien engagé à DEVOIR et non pas à payer".

-        OK ! j'ai pigé : tu t'es fait avoir comme un bleu… Le gonze à joué sur les mots et tu es Grosjean comme devant car tu ne peux revenir sur un accord, si plombé soit-il, sans perdre ton indice de confiance auprès du microcosme du marché… Bien joué de la part de ton honnête ramasseur de portefeuille : le coup était bien préparé.

-        Tu as tout compris et maintenant j'aimerais savoir comment je pourrais récupérer ce coup et si je m'adresse à toi c'est parce que je me souviens qu'à l'époque de notre adolescence tu arrivais à résoudre toutes les énigmes; même que pour rigoler on t'appelait Hercule Poivrot…

-        Nous étions taquins grimaçais-je mais toi, on te surnommait bien "la ramasse" ? Bon, laisse-moi réfléchir car le coup est tordu.

Après mon brain storming perso je pense avoir la solution, et vous ? Qu'en dites-vous ? Quel est, parmi ce site de gens brillants, le (ou la) musclé(e) du cerveau qui nous trouvera la parade imparable ?

J'attends vos solutions ici et je donnerai la mienne dans une lune…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

F
Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-10: PLÉNITUDE ! LE BONHEUR ??
Répondre

Présentation

  • : Marcus Santner
  • : La fée Lée qui s'est penchée sur mon berceau avait un lumbago carabiné mais elle m'a appris que même n'étant pas le meilleur, on peut sourire du pire.Ainsi, l'humour des mots m'a pris très jeune et ne m'a jamais lâché.Pourvou qué ça doure.
  • Contact

Recherche

Liens