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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 00:19

Bien que démarrant comme des opérettes, les opéras de la vie oscillent souvent entre mélo et pathos sans que l'œil extérieur n'y puisse juger une  profondeur pudiquement dissimulée.

Les cohortes de grands rires ostentatoires alliées à un paraître lisse et impénétrable sont souvent ces quelques glaces affleurantes d'un iceberg trop noir en dessous de la ligne de flottaison du politiquement correct et que l'on jette en pâture à cette société qui vous entoure, qui vous exhorte au ronronnement salvateur pour tous.

Pitié, pas de vagues, pas de clapotis, pas même d'interprétations possibles qui gâcheraient les instants fragiles des relations fugaces qui fuient le raisonnement de la consensualiste profonde.

Untel à un cancer? Vite expédions-lui des obus de banalités sécurisantes cuisinés aux statistiques rassurantes qui doivent lui ouvrir la porte de la sérénité, tout en nous faisant abstraction  d'un regard au fond des yeux ; c'est pourtant ce seul regard que cherche le pestiféré et que nous n'avons pas toujours le courage d'offrir comme si le cancer était contagieux par les yeux…

Untel chemine à côté d'un précipice? Ha, ces maladies mentales ! Car enfin, il faut être fou pour vouloir quitter cette vie si belle ! Ce n'est qu'après la tragique fin qu'on peut affirmer qu'on avait essayé de lui parler, de lui faire sentir la beauté du printemps, mais hélas : la lutte était inégale, mon brave monsieur, et puis on était en hiver.

Et lorsque le dernier accompagnement du cher disparu n'est pas prévu pour cause de banalité incontournable, on a si vite fait de penser que, de toutes façons, lui non plus ne viendra à notre propre enterrement.

Je vous le crie, mes faux amis, le monde polissé  de l'homo civilisisus ne vaut pas tripette comparé à la vraie solidarité de ceux qui vivent dans la survie que la famine et les maladies guettent : eux, au moins, savent la valeur d'un regard amical.

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commentaires

M
Tu as raison "tout sauf l'indifférence" là je ne peux qu'être d' accord!
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M
Toute la gentillesse du monde apparaissent et dans le texte, et dans le commentaire qui suit... et pourtant! Vois tu dans leur grande fierté, il existe beaucoup de gens qui ne veulent pas être vus<br /> quand ils sont dans la détresse. j'en connais et en ferais sans doute partie. Et voici une anecdote , tirée du centre de ré éducation physique où séjourne ma fille avec d'autres "traumatisés" de la<br /> route parfois. On est sorties la première fois et je poussais avec difficulté le fauteuil roulant. "je déteste qu'on me regarde avec pitié dit ma fille" les gens venaient m'aider spontanément,<br /> partout. Gentils, mais l'air triste, compatissant... J'ai aussi discuté avec une personne employée là bas. Les gens sont mals à l'aise, maladroits: où ils évitent de parler des problèmes sérieux et<br /> le malade les juge insensibles, ou ils s'y intéressent trop, les y enlisent, alors qu'ils arrivent parfois à les oublier,et les dérangent tout autant. Plus tard c'était différent: les gens nous<br /> aidaient toujours à l'extérieur mais avec le sourire et ma fille acceptait en riant. Je lui dis: mais enfin, la semaine dernière tu n'aimais pas qu'ils te regardent. " C'est différent maintenant<br /> ils voient mes cannes, et comprennent que je ne suis pas paraplégique". Dur, les relations humaines non? Quand le malade va mal il lui est parfois insupportable de lire la compassion dans le regard<br /> des autres et tout ce qu'ils peuvent dire ou faire peut être mal reçu. Quand il a accepté son sort il attend qu'on lui parle naturellement sans passer sous silence ses problèmes.Refuser de regarder<br /> la misère n'est pas toujours de l'indifférence au contraire. C'est l'écoute qui est importante, mais savoir distraire aussi. Savoir aussi que le malade peut parfois vous en vouloir d' être bien<br /> portant, comme le pauvre de ne pas avoir de problèmes d' argent, le dépendant de ne pas avoir d' addictions...
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A
<br /> <br /> Tout dépend qui  et comment on donne le regard; on peut aussi regarder quelqu'un avec de la sympathie sans faire dans le miésérabilisme ou le pathos. En tous les cas, tout sauf<br /> l'indifférence...<br /> <br /> <br /> <br />
M
J'ai entendu des mots lourds de simple vérité. la grandeur de l'Homme se mesure quand il n' a plus rien à perdre et qu'il partage encore de la tendresse avec ceux qui l'entourent. C'est très<br /> touchant ce billet du jour. Je sors sur la pointe du coeur qui fait des ronds dans l'eau. J'aime cette humanité...
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  • : Marcus Santner
  • : La fée Lée qui s'est penchée sur mon berceau avait un lumbago carabiné mais elle m'a appris que même n'étant pas le meilleur, on peut sourire du pire.Ainsi, l'humour des mots m'a pris très jeune et ne m'a jamais lâché.Pourvou qué ça doure.
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