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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 10:00
Cela faisait plus de 6 jours que les combats faisaient rage dans la plaine et, juché sur la colline qui lui servait de camp d'observation, le petit consul Sarkozus se disait bien que ses troupes n'arriveraient pas à gagner cette bataille là.
Pourtant, ses grognards ne ménageaient ni leur courage ni leurs vies pour essayer de repousser les vagues d'assaut ennemies qui déferlaient sur la gauche de ses propres troupes et qui étaient composées principalement de grenadiers bataves harangués par un chef hollandais du nom de Françou Lemou.
Sans compter les fantassins aux habits bleu marine du général Lepain, lequel ouvrait toujours l'œil, et le bon, afin de dénicher quelques pointes d'hallebardes à expédier à son ennemi juré, le consul Sarkozus.
Quant au tribun Jiellehéme qui, du haut de sa colline appelée la Dipoursant tirait à boulets rouges à la fois sur les grognards de Sarkozus et sur les grenadiers bataves car, disait-il, ils étaient trop au milieu pour lui permettre d'être efficace…
Un joli merdier de campagne où une truite n'aurait pas retrouvé ses alevins
Sarkozus ne voulait, cependant, pas baisser les armes car, disait-il, c'est à la fin du roman que l'on connait le héros; une maxime qu'il avait piqué à Ségolène, une bretteuse de sang royal qui affirmait quant à elle, que c'était à la fin du marché que l'on comptait les bouses…
Ce n'est que dans la nuit, vous savez, celle qui porte conseil, que la tête bouillonnante de notre petit consul se mit à échafauder un plan qui, s'il ne faisait pas gagner cette bataille, sèmerait une grande discorde pour la suite de la guerre.
Il s'était fait rapporter par ses espions, qu'une partie de l'aile gauche de Françou Lemou se composait de deux régiments de mamelouks recrutés pendant la campagne d'Egypte et, xénophobie aidant, on racontait de drôles de choses sur leurs pratiques de vie qui se situaient assez loin de celles des grognards de l'armée régulière: qu'ils étaient heureux de mourir au combat, qu'ils égorgeaient des moutons dans de grandes souffrances ou même qu'ils avaient plusieurs femmes…  Rien que des façons intolérables pour nos baves français.
Bien sûr, les espions surveillaient étroitement le camp des mamelouks et lorsqu'un d'eux essayait de déserter, ils le capturaient pour avoir des renseignements ou mieux, le convaincre de trahir pour l'utiliser à des fins d'infiltration. Autant dire que l'ennemi n'avait aucune possibilité de manœuvre dans ce sens et c'est ce qui décida Sarkozus.
Un mamelouk fraichement capturé leur appris qu'un certain Hamed Halor était prêt à entrer en guerre sainte, le jihad comme ils l'appelaient dans leur religion, et voulait détruire une petite partie de l'aile droite des grenadiers de Sarkosus en disposant des barils de poudre autour de leur camp; barils qu'il allumerait au milieu d'une nuit pour favoriser l'effet dévastateur de la surprise quitte à y laisser sa propre vie.
Au lieu d'empêcher cette tuerie, le petit consul donna ordre à ses espions non seulement de laisser faire mais, éventuellement, d'aider le mamelouk kamikaze dans son action. Devant la tête ébahie des ses généraux il expliqua patiemment tout ce qu'il en découlerait et surtout, que la mort de quelques grenadiers serait un moyen imparable de retourner l'opinion dans le camp adverse et ainsi émousser leur rage de vaincre… Machiavel n'aurait pas fait mieux.
Ainsi fut fait et si notre consul ne gagna pas cette bataille là, il sema une telle zizanie chez l'ennemi que celui-ci mit plus de cinq ans à s'en remettre.
Ce qui laissait largement le temps au consul Sarkozus pour penser à une prochaine victoire…
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commentaires

@
Étrange ! J'ai l'impression d'être plongée dans un Iznogoud :-))).
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T
L'agent Ticus nous parle ici d'une époque qu'on ne pouvait pas connaître, d'un temps qu'on a du mal à se représenter tant les pratiques y paraissaient archaïques... On doute de la véracité des<br /> faits rapportés, et pourtant, tout ... concorde !<br /> Les prémonitions de l'agent Ticus en fin de texte seront j'espère biaisées en beauté ! ;-P
Répondre
A
<br /> <br /> Hélas, oui...<br /> <br /> <br /> <br />

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  • : Marcus Santner
  • : La fée Lée qui s'est penchée sur mon berceau avait un lumbago carabiné mais elle m'a appris que même n'étant pas le meilleur, on peut sourire du pire.Ainsi, l'humour des mots m'a pris très jeune et ne m'a jamais lâché.Pourvou qué ça doure.
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