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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 17:21

 

 

Vous vous souvenez de l'expédition à Thoiry parmi les bêtes fauves ?

Hé bé, figurez-vous que le Baron Taiseux n'est pas du tout d'accord avec moi quand à la façon dont se sont passées les choses : en gros il a une version plus poétique des évènements.

Alors, pour ne pas faire de vagues susceptibles d'entacher la bonne entente franco-québécoise je vais lui laisser la plume et vous retranscrire sa version ; la voici :

"Ha ! Paris… Qu'il fait bon humer le même air que Ronsard, Verlaine et George Sand.

La journée s'annonçait si belle que les nuages, gâcheurs de balades, avaient préféré contourner l'aurore pour aller gambader vers des pays secs où il ne pleut pas, des pays si tristes, écorchés par les longues absences de pleurs divins.

Notre organisateur, Poissard le mal marié, avait tutoyé la mauvaise foi pour prétexter la visite d'une geôle pittoresque d'automobilistes embastillés dans leurs engins où les visiteurs, libres comme Diégo, n'étaient, ni plus ni moins, que les animaux de la création.

D'entrée de château, un centurion glabre et longiligne, beau comme un César de Marcel Pagnol, nous conseille utilement quant à la façon de pouvoir apprécier notre visite que nous commençons avec entrain.

Nous sommes en train d'admirer une femelle zèbre qui s'est maquillée d'un anti-rayure rayé quand un magnifique rhinocéros s'approche ; si personne n'ignore que le rhino c'est rosse lorqu'on lui manque de respect, peu de gens, par contre, ont pu admirer l'incomparable noblesse de sa corne, caricature de celles de Courtecuisse, s'il en est.

Tout émerveillés par ce ciel d'un bleu si profond, nous nous mettons à siffloter, laissant l'attachant cornu se frotter amoureusement à notre voiture, dont le ton virant au gris anthracite, doit certainement lui rappeler un amour d'antan.

Puis notre attention se porte sur les langoureuses galipettes de trois girafes mâles en quête d'un coup d'amour ; 

leur attention est tout à coup focalisée sur une demoiselle au long cou vert qu'est en train de peindre un artiste cool, amateur de cou fin et voulant marquer le cou.

Accaparés par ce tableau digne d'un Courbet captant, d'un coup d'œil en cou lisse, les couleurs de la faune, nous n'avons pas vu un majestueux lion s'installer sur le capot de notre véhicule.

Le roi fauve à la crinière aussi rougeoyante qu'un coucher de soleil dans les iles des Seychelles de peintres, doit apprécier la chaleur de notre capot car il se met à bailler en fixant amoureusement Cunégonde, comme s'il voulait délivrer un message de bienvenue.

Cet aveu convivial n'a pas l'heur de plaire à Courtecuisse qui, en vrai paysan du Danube, se met à tirer la queue ballante du roi lion, provoquant illico un rugissement sympathique de l'animal habitué aux frasques de ses lionceaux.

Puis, nous enfonçant dans le sous bois aux couleurs féériques, nous entendons le chant des serpents qui sifflent sur nos têtes : un boa duveteux s'enroule autour du cou gracile d'Anna Conda, la chanteuse reine des oiseaux lyres qui imite si bien la langue des vipères au point qu'elle en étonne les mésanges-concierges ; Jacasse, la pie pistrelle qui cherche en permanence à happer l'amour, fait un mouvement du bec mais hélas : l'amour est passé et la pie n'happa pas… Carillon, le serpent à sonnette qui prévient de l'arrivée des premiers rayons de soleil ainsi que toute la famille des corbeaux anonymes si généreux dans leurs dons des autres…

C'est au tour d'une éléphante de venir barrir son courroux à Guy Yane, son chef de pâle grenier :

- Mon mâle volage me trompe-t-il énormément ? Questionne-t-elle inquiète

- Mais non, répond l'intéressé, je lui ai mis des œillères et pour lui c'est défense d'y voir les autres femelles…

Dans une petite mare au diable, des oies rieuses assistent au festival des canes dont les solos de trempettes ravissent les canards déchaînés.

La visites aurait pu continuer tout aussi primesautière mais un évènement du plus pittoresque est venu l'embellir à jamais.

La divine Mâm' Poissard s'étant quelque peu assoupie, un léger sifflement accroché à ses lèvres pulpeuses attire un magnifique bœuf musclé et coquin.

Réveillée dans un soupir mystique, la voilà qui s'approche du prétendant et, l'œil rivé à la prunelle du prétendu très tendu, elle commence un chant d'amour digne de Lucie, la fée amoureuse des six reines du bois de trousse chemise.

A cet instant sublime le temps s'est arrêté, les anges ont changé de ciel et sous le regard implacable de Jésus, le seul type de la création qui n'avait d'yeux que pour son père, Satan vaincu à laissé Lucie faire : notre Poissard et son p'tit bout de bœuf jazzy se sont enlacés pour entamer une danse dédiablée…

Il s'appelle Clovis et il pense qu'elle est pas lourde : ils ont tout pour réussir un ballet essuie glace car tout à coup, sous leurs pieds d'airain rimant avec patin, est apparu un incroyable miroir réfléchissant les amoureux de la patine qui se mettent illico à circonvoler.Image de arwen14

Les entrechats succèdent aux doubles axels et les petits pas s'enchainent aux triples louds, arrachant un cri d'allégresse à l'assistance lascive et pétrifiée dans la lumière des pastels mêlés en une aura merveilleuse.

Au final, les deux amants de glace nous exécutent une double toupie vertigineuse qui fait jaillir un nuage de poudreuse cristalline et scintillante. 

                                                     photographie gratuite Feu d'artifice                                                                                                                                                       .

L'ensemble des âmes qui vivent à Thoiry est unanime et la standing ovation  longue et délicieuse. On a même entendu Rudolph Noureïev, de la haut, applaudir à pointes-que-veux-tu !

A la sortie, même le centurion glabre y est allé de ses félicitations : il nous a remboursé les tickets.

Plus tard, lorsque le chien a fui le loup, même la lune sensuelle nous a gratifié d'un sourire complice. "

 

Voilà, mes amis, la version du baron Taiseux de mon épisode "Thoiry l'africaine" que je trouve, à mon goût, un peu pompeuse et tarabiscoteaux…

Et vous, qu'en pensez vous ?

 

 

 

 

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commentaires

M
Whouaaa! Que de beau monde dans cette visite..Mais s'il est Taiseux le Baron.. quiquadixtouscesmots? Il faut que je recommence depuis le début j'ai dû manquer quelque chose !
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A
<br /> <br /> Y'a pas plus taiseux que celui qui ne veut pas se taire...<br /> <br /> <br /> bises<br /> <br /> <br /> <br />
M
euh, non. En vert, laine vierge ! Cela va de soi. Cunégonde tisse déments songes, vrais. Bisous du Québec.
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A
<br /> <br /> Le Québec de lièvre ?<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />
D
Même les animaux sont sous le charme de la prose du Baron déclamant avec poésie de première étoile la visite de la gang-bande à Toi-Ri où l'on joue coeur à coeur, corps à corps, et encore ... avec<br /> zéro de conduite. Pas de point de suture à la culture. Point de mots sans éclat. Tout est là, dit de façon magistrale. On ne peut plus superbe. Bises à vous monsieur le Baron. Bises à Aganticus.<br /> Bises à monsieur Poissard. Et bise à madame Poissard aussi. Ses faits et gestes sont on ne peut plus éblouissants, dit par le Baron. Bises à Marcus.
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A
<br /> <br /> Hé oui, comme dirait Bécaud : l'important c'est la prose.<br /> <br /> <br /> Je te remercie et je biserai tout ce beau monde de ta part.<br /> <br /> <br /> <br />
M
Les maîtres sonneurs me sonnent.<br /> Un poème en prose, un bouquet du " Revenez-y " l'amenait à la Mare au Diable en sandales... Oui-dà ! Baron, viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme ? C'est beau de l'air, mais qu'importe,<br /> Ange ou Sirène, je suis ta fée aux yeux de velours. Signé par Cunégonde en transe.<br /> <br /> Auguste Aganticus, votre Baron par sa parlure, illumine Paris. Quand le ciel, bas, lourd viendra, je ferai descendre Cunégonde de ses nues pour son Courtecuisse.<br /> <br /> Incroyable Marcus , tu nous as servi un plat divin. Bisous
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A
<br /> <br /> Cunégonde en transe... napolitaines ?<br /> <br /> <br /> <br />
J
j'en suis toute esbaudie, je me pâme aux pieds du baron, je m'envole dans l'éther, je suis au paradis ...est-ce assez dire le délectable moment passé à Thoiry en ta compagnie !<br /> bonne journée ,-)
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A
<br /> <br /> Quand je te lis, je me dis que les gens bons se pâment....<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />

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  • : Marcus Santner
  • : La fée Lée qui s'est penchée sur mon berceau avait un lumbago carabiné mais elle m'a appris que même n'étant pas le meilleur, on peut sourire du pire.Ainsi, l'humour des mots m'a pris très jeune et ne m'a jamais lâché.Pourvou qué ça doure.
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